Sur la mixologie, Bood & Marie, et l’art d’étendre la saveur au-delà du verre
Il y a ceux qui font des cocktails.
Et, puis, il y a ceux qui construisent des mondes.
Diego Cabrera appartient, de manière tout à fait évidente, à cette seconde catégorie.
Avec son arrivée, Food save the Queen ne se contente pas d’introduire la mixologie dans son univers. Elle accomplit quelque chose de bien plus délibéré :
Elle la place au cœur même de son langage.
La mixologie, reconsidérée
Parler de mixologie aujourd’hui, c’est entrer dans un espace saturé, souvent théâtral. Techniques, signatures, présentations — tout est soigneusement mis en scène.
Pourtant, la question demeure :
Qu’est-ce que la mixologie, une fois dépouillée de sa mise en scène ?
Chez FSQ, la réponse est d’une clarté désarmante.
Ce n’est pas une discipline.
C’est un langage.
Un langage capable d’évoluer, de s’adapter et — lorsqu’il est maîtrisé — d’élargir notre manière même de percevoir la saveur.
L’arrivée d’un alchimiste
Cabrera entre dans la Maison non pas comme un collaborateur, mais comme quelque chose de plus fondamental.
Un alchimiste.
Non pas au sens décoratif, mais structurel :
une figure capable de transformer technique, intuition et récit en quelque chose qui dépasse le produit lui-même.
Comme fondateur de Salmon Guru — régulièrement classé parmi les bars à cocktails les plus influents au monde —, son travail s’inscrit depuis longtemps à la croisée de l’esthétique, de la précision et de la narration.
Un territoire, il faut le noter, qui s’aligne naturellement avec FSQ.
Au-delà du cocktail
Son rôle n’est pas de créer des boissons.
Du moins, pas au sens conventionnel.
Les collections qu’il développe pour Food save the Queen sont conçues comme des constructions complètes — des idées traduites en forme liquide.
Ce ne sont pas des recettes.
Ce sont des atmosphères.
Des moments pensés pour se déployer progressivement, plutôt que de s’imposer d’un seul coup.
Voici Bood & Marie
C’est dans ce cadre que Bood & Marie apparaît.
À première vue, on pourrait être tenté d’y voir une réinterprétation du classique Bloody Mary.
Ce serait… partiellement exact.
Et, pourtant, comme souvent dans l’univers FSQ, l’intention se situe ailleurs.
Bood & Marie n’est pas une variation.
C’est une édition.
Une recalibration de l’équilibre, de la texture et du récit — où la structure familière du Bloody Mary est retravaillée pour devenir quelque chose de plus stratifié, plus intentionnel, et peut-être légèrement moins prévisible.
Un système plus vaste à l’œuvre
L’arrivée de Cabrera active quelque chose de plus profond au sein de la Maison.
Non pas une nouvelle catégorie, mais une nouvelle couche.
Chez Food Save the Queen, chaque intégration suit une logique précise :
étendre le système sans en perturber la cohérence interne.
La mixologie, dans ce contexte, devient un outil de connexion —
entre disciplines, entre moments, entre manières d’expérimenter.
Éditions limitées, impressions durables
Les premières collections de cocktails développées sous la direction de Cabrera seront lancées en éditions réduites, distribuées à travers un réseau soigneusement sélectionné de partenaires en Espagne et sur des marchés internationaux clés.
Un choix qui ne reflète pas une exclusivité gratuite, mais un engagement envers la structure et l’intention.
Parce qu’ici, rien n’est ajouté à la légère.
Tout est intégré.
Sur l’expansion du langage
À une époque où le luxe tend de plus en plus vers l’immatériel, Food Save the Queen ne répond pas par l’excès.
Elle répond par la clarté.
Par la structure.
Par l’auteur.
Comme le dit lui-même Cabrera :
« L’intérêt réside dans le fait de travailler le cocktail depuis un espace plus large — non comme une pièce isolée, mais comme une partie d’un ensemble plus vaste. »
Une dernière considération
Bood & Marie n’est pas simplement un cocktail.
Ni même une simple réinterprétation.
C’est peut-être avant tout un geste au sein d’une composition plus large.
Un geste qui suggère que la mixologie — lorsqu’elle est abordée avec la bonne sensibilité — ne concerne pas ce qu’il y a dans le verre.
Mais ce qu’elle permet de faire advenir autour de lui.


